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smart faune

27/08/2011

« smart faune : panic is THE solution !

« Ce terminal ne doit pas provoquer de brouillage préjudiciable. Il doit accepter tout brouillage reçu, y compris le brouillage pouvant entrainer un mauvais fonctionnement. »

sms story// on entendait souvent la voix des Faunes dans l’épaisseur des bois …

 » compression » spatio-temporelle / hybridation : « Réelisation » du virtuel et « virtuelisation » du réel

REDACTION EN COURS / ctrl+V

Ce qui m’intéresse dans le smartphone, c’est qu’il rassemble différents dispositifs : téléphone mobile, radio, lecteur de MP3, appareil photographique et vidéo numérique et connexion internet…

Force est en effet de constater que notre époque est traversée par des bouleversements majeurs cependant toute réalité est ambivalente. Je ne pense pas que ce soit les smartphones  qui participent à la dématérialisation des rapports humains. Les écrans se sont imposés dans notre quotidien.  La Suisse remplace, à titre expérimental, les manuels scolaires par des Smartphones. Des cursus entiers seront concernés, comme c’est déjà le cas pour les étudiants en médecine de Leeds en Grande-Bretagne.

Les travaux de sociologues tel que  Guy Bajoit conçoivent nos sociétés occidentales contemporaines comme des sociétés de changement et je pense que c’est une priorité de pouvoir les définir comme telles. L’anthropologue français Georges Balandier  (Le grand dérangement,2005, Le dépaysement contemporain, 2009) inscrit sa pensée dans le même paradigme de recherche, pour penser ces bouleversements il a forgé  le concept de

« nouveaux Nouveaux Mondes ».

« La présente modernité engendre, non pas seulement un monde nouveau, mais des                   « nouveaux Nouveaux Mondes ». […] Ces nouveaux mondes-là ne sont pas portés à l’existence par de simples métaphores, ils existent, ils peuvent être identifiés, même s’ils nous déconcertent en défiant la connaissance ordinaire. Ils ne sont plus liés à des territoires, à la référence géographique (ils ne sont pas générateurs d’un exotisme du lointain), ils résultent des entreprises transformatrices, ils surgissent sous l’effet des avancées conjuguées et conquérantes de la science, de la technique et de l’économisme. Ce sont des mondes créés par l’homme contemporain et non par une « géographie » humaine ayant produit la diversité planétaire, les exotismes naguère explorés. De ces mondes, nous sommes à la fois les indigènes (nous les avons faits, nous les faisons, nous les habitons) et les étrangers (nous y sommes dépaysés par ce qu’ils comportent d’entièrement inédit). [Parmi ces « nouveaux Nouveaux Mondes »] celui où les techniques de la communication connectent, multiplient, développent en efficacité les réseaux : dans cet espace, la distance s’abolit, s’efface au profit de l’ubiquité et du temps de l’immédiat ».

La compression spatio-temporelle et l’hybridation des mondes virtuel et réel sont  des traductions  de ce que les nouveaux Nouveaux Mondes comportent d’entièrement inédit. Ce qui m’interroge a cette étape de  mon travail de recherche, c’est comment se (re-)dessinent dans nos sociétés occidentales, les frontières de l’espace et du temps.

La coprésence matérielle relève moins que jamais d’une nécessité pour la tenue d’une interaction et notre temporalité est marquée par  l’instantanéité et  l’immédiateté, ce qui remet en question  certaines catégories universelles structurellement opposables. Dés lors que l’à-venir est immédiat,ces thématiques questionne une re-définition de la mise en ordre du monde .

Bauman pense l’étape actuelle de l’ère moderne à travers la métaphore de la » liquidité ».  Si la société d’hier pouvait être définie comme «solide», celle d’aujourd’hui revêt la propriété des liquides : ses molécules tiennent ensemble par des liens forts ténus. Autrement dit, en régime de « modernité liquide », les liens entre les individus – quels que soient les champs sociaux au sein desquels ils se déploient (travail, famille…) – sont marqués d’une fluidité, d’une fragilité et d’une fugacité sans précédent. Parmi les expressions d’une fragilité des liens sociaux, Bauman pointe le monde des connexions électroniques :

« L’avènement de la proximité virtuelle rend les connexions humaines à la fois plus fréquentes et plus futiles, plus intenses et plus brèves. Elles tendent à être trop futiles et brèves pour se condenser en liens. […] Les contacts demandent moins de temps et d’efforts pour s’y engager, moins de temps et d’efforts pour les briser. La distance ne fait pas obstacle au contact – mais entrer en contact ne fait pas obstacle à l’éloignement. […] On peut mettre fin à la proximité virtuelle […] rien qu’en appuyant sur un bouton ».

Conséquence interactionnelle importante de cette compression spatio-temporelle, le sociologue Javeau pointe aussi l’émergence d’un «régime temporel de forte disponibilité». Dès l’instant où  » la distance ne fait pas obstacle au contact , tout se donne à voir comme si tout contact électronique requérait, si pas une réponse immédiate, à tout le moins une réponse rapide. »

En convoquant très précisément la notion d’urgence, Javeau va plus loin encore quant au régime temporel lié aux TIC :

« Tout se passe comme si le seul registre de l’existence était désormais l’urgence. En transportant son téléphone sur soi, on peut être sonné – c’est le mot, comme on sonne un domestique – à tout moment. […] Il y a dans l’envoi d’un courriel, comme dans l’appel par téléphone mobile […] la même revendication d’urgence […] Il faut [sans tarder] répondre au courriel comme il faut répondre à la sonnerie du téléphone portable ».


Parallèlement à la compression spatio-temporelle, la « réelisation » du virtuel / « virtuelisation » du réel est une autre grande mutation. Une rencontre électronique  doit elle être assimilée à une rencontre  virtuelle ou bien réelle ? après tout, que l’interaction soit médiée par un dispositif socio-technique ou non, seul le cadre de l’interaction change. Au-delà du cadre particulier de l’interaction, il n’y a pas de différence ontologique entre l’interaction virtuelle, électronique et l’interaction en co-présence:  la rencontre reste le fruit de deux subjectivités qui – fondamentalement – produisent le social.

A ce propos et à propos  du bavardage en ligne (chat), Draelants a montré que le cadre d’interaction était constitué de quatre grands éléments : – une dimension décontextualisante ou contextualisée en situation de coprésence physique),- textuelle ( /orale et gestuelle…), -fragmentée (/ entière…) et – désinhibitrice (/ « engageante »…).

Si l’on se cantonne aux relations entre individus, il paraît préférable de penser les catégories du virtuel et du réel de manière moins étanche qu’elles ne le sont communément : la virtualité doit être comprise comme un aspect de la complexification croissante du social, amplifiée par ses propres artefacts techniques.

Pour Lipovetsky et Serroy, l’hypermodernité de certains jeux en ligne se caractérise par l’invention d’un « écran oxymorique qui, unissant les contraires, le faux et le vrai, le fictif et l’authentique, donne naissance à une forme expérientielle inédite ».

sources :

http://videos.arte.tv/fr/videos/quand_le_smartphone_remplace_le_manuel_-3713892.html

http://www.riam53.fr/media/usageproblmatiquetic__038573500_1634_12072011.pdf

Ballandier

Bauman

Draelants

Javeau

Lipovetsky et Serroy

Sur un plan interactionnel, les conséquences de cette mutation anthropologique via les modes de communication contemporains portent évidemment en eux une fragilisation potentielle des liens sociaux.

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